Bienvenus au Laos !
- aschiettecatte
- 22 févr. 2019
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 avr. 2019

Bien qu’il semble une peu absurde de parler d’îles dans un pays sans côtes, c’est bien ici, au sud du Laos, à Don Khon, que nous nous remettons de nos mésaventures de la veille.
Si Phan Don (en laotien) est en réalité un archipel composé de petites îles perdues au cœur du Mékong. En effet, à la saison sèche, une grande partie des eaux du Mékong se retirent et des milliers d’îles et îlots apparaissent, d’où son nom de 4.000 îles ! A Don Khon, le temps s’est arrêté et l’authenticité tant recherchée, malgré les touristes, est bien présente. Paillotes surplombant le Mékong, habitations précaires de pêcheurs, petite école, buffles et tracteurs d’un autre temps y sont pour beaucoup. Véritable havre de paix, l’atmosphère rime avec détente. On y circule uniquement à pied ou en vélo parmi les bananiers et les rizières, en croisant des poules, des chèvres et de jeunes écoliers. Les paysages sont magnifiques et les habitants très accueillants. Ces derniers vivent de la pêche, de la récolte du riz, de légumes et de noix de coco. L’île de Don Khon, seulement 5 km de long et 3 km de large, est réputée pour sa culture du bambou, de la noix de coco et du kapok, une fibre végétale que l’on tire de fruits de plusieurs arbres.
Après une bonne grasse matinée bien méritée, on part découvrir l’île à pied et on se dirige vers les « Li Phi Falls » sous un soleil torride. Les chutes de Li Phi, impressionnantes pour leurs rapides et leur intensité, renfermeraient les esprits, parait-il. Raison pour laquelle les villageois ne s’y aventurent jamais. Le spectacle que nous offre ici la nature est splendide et vaut réellement le détour. C’est juste wawwwww, comme dirait Arthur !
Un parcours de tyroliennes vient d’être installé sur tout le site il y a moins de 3 mois. On se dit que la vue d’en haut doit être encore plus spectaculaire et que l’aventure est bien tentante. On hésite. On regarde le matériel de près. On se renseigne sur les prix et sur l’âge minimum requis pour participer… . Grâce à la présence d’une famille franco-laotienne dont le mari et les aînés viennent de tenter l’expérience, on négocie les tarifs et on décide d’offrir cette petite activité en extra à nos enfants qui ont été exemplaires la veille lors du passage de la frontière.
On est tout excité à l’idée de partager ce moment unique en famille. Nos 2 accompagnateurs sont jeunes mais pros. Ils vérifient systématiquement la sécurité des équipements tout en faisant quelques blagues aux enfants ! C’est parti pour une succession de 7 tyroliennes au-dessus de l’eau. Toute la famille s’éclate ! Du plaisir à l’état pur : un peu d’adrénaline, des paysages magnifiques, le sourire de nos enfants… . Que demander de plus ?

Le lendemain, on loue des vélos pour la journée et on s’aventure davantage sur l’île et ses sentiers. Par chance, on trouve également un petit vélo pour Arthur ce qui n’est jamais chose facile. La balade est belle malgré les chemins de terre difficiles et la chaleur. Il fait chaud, très chaud et les enfants ne se sont pas encore entièrement remis de la fatigue accumulée des derniers jours. On décide donc d’y aller doucement et de simplement profiter du cadre idyllique dans lequel on se trouve. On s’arrête pour boire un jus frais et admirer la lumière changeante sur l’eau. On observe les pêcheurs lancer leurs filets à la tombée du jour ainsi que les jeux des enfants venus se rafraîchir dans le Mékong après l’école. Le coucher de soleil sur le fleuve est de toute beauté... . On ne s’en lasse jamais !
On profite aussi de ces quelques jours pour organiser notre itinéraire au Laos et avancer dans les cours des enfants tout en s’imprégnant de la vie de l’île.
Sur cette ancienne terre coloniale, on trouve encore quelques vestiges français, comme une petite école abandonnée ou une vieille ligne de chemin de fer. Les Français utilisaient le Mékong comme transport fluvial pour les marchandises. Mais les chutes d’eau de Khone Phapheng, les plus grandes de l’Asie du Sud-Est, constituaient un obstacle infranchissable pour naviguer. Ils construisirent alors à la fin du XIXème siècle des rails entre Don Det et Don Khon. Ne reste aujourd’hui qu’une vieille locomotive ainsi qu’un pont, long d’une cinquantaine de mètres, devenu un lieu très prisé par les touristes pour admirer le coucher du soleil, avec une bonne Beerlao bien fraîche ;-). Heureusement pour nous, la haute saison est terminée et seuls quelques touristes croisent notre chemin durant notre séjour sur l’île !
A Don Khon, on réalise également qu’Arthur a ramené un petit cadeau du Cambodge dans ses bagages… . Des boutons rouges apparaissent à différents endroits de son corps et l’on craint qu’il ait attrapé la gale !!! A force de traîner avec les chats de la guest house sur l’île de Koh Trong, et ce, malgré nos mises en garde répétées, il fallait bien que cela arrive. Après un petit check sur Internet, je prie pour que ce ne soit pas la gale car celle-ci est hyper contagieuse et difficile à éradiquer sans le bon traitement. Autant vous dire que dans le cadre d’un voyage itinérant, c’est un peu galère !
Petite inquiétude donc car ici, dans ce petit coin de paradis du bout du monde, pas de pharmacie, uniquement un dispensaire de fortune… . Fred, un français établi sur l’île depuis quelques années, nous suggère d’attendre Paksé ou Vientiane pour aller à la pharmacie et, en cas d’hospitalisation, de tout de suite aller se faire soigner à Bangkok ! J’envoie donc vite quelques photos en Belgique pour avoir l’avis des médecins de la famille. Finalement, un peu de cortisone et de l’huile de graines de pamplemousse suffiront et au bout de quelques jours, la peau d’Arthur retrouve son aspect d’origine. Ouf !
Don Khon, c’est aussi une chouette journée passée en compagnie de Fanny, Olive et leurs 2 enfants, Sam et Margot, partis également pour quelques mois à la découverte de l’Asie et de l’Afrique du Sud. Comme souvent, ce sont les enfants qui sympathisent en premier… et le courant passe immédiatement avec le reste de la famille ;-). Rencontrer des belges à l’autre bout de la terre, cela fait toujours un bien fou. On décide donc tout naturellement de dîner ensemble le soir, à la plus grande joie des enfants qui en profite pour apprendre un nouveau jeu, le Monopoly version cartes. Pour nous, c’est l’occasion de partager nos expériences, nos bons plans, nos galères et nos coups de coeur ! Merci pour ce beau moment passé en votre compagnie et rendez-vous du côté de Liège dans quelques mois pour un débriefing complet ;-).
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