Luang Prabang, la Sublime !
- aschiettecatte
- 14 mars 2019
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 mai 2019

Nous voilà enfin dans la ville dont tout le monde parle, ce petit bijou au nord du Laos où les vestiges coloniaux se marient parfaitement avec les nombreux temples bouddhistes merveilleusement conservés et entretenues par des centaines de moines aux robes couleur safran… .
Luang Prabang, ancienne capitale royale, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, ne nous a pourtant pas séduit au premier coup d’oeil ! Et oui, un peu trop « léché » à notre goût, un peu trop de touristes, un 'Night Market' où toutes les échoppes se ressemblent et rien ne paraît réellement être de l’artisan local mais plutôt du « made in China »… .
Mais, à cause de, ou plutôt grâce à un souci administratif, à savoir l’obtention de notre visa pour la Chine, nous sommes restés coincés 12 jours dans cette ville et avons pu, petit à petit, la voir sous un autre angle ! Chaque jour, nous nous aventurons un peu plus dans les petites rues, loin de l’effervescence de l’axe principal. Nous nous levons à l’aube pour assister au Tak Bat et en profitons, lorsque les autres touristes retournent se coucher, pour déambuler aux premières lueurs du jour dans la ville encore endormie et en apprécier finalement toute la splendeur ! Ville endormie, pas tout à fait car le marché matinal bat son plein. Les locaux viennent y faire leurs courses : fruits, légumes, algues, poissons frais mais aussi chauves-souris, chiens, rats, insectes en tous genres se dégusteront le soir même dans l’une ou l’autre famille laotienne... . Mon estomac a du mal à apprécier tant les odeurs se mélangent mais mes yeux sont éblouis par le spectacle qui s’offre à moi. Sur les étals de ce grand marché de produits frais, on trouve à peu près tout ce qui se mange au Laos et on peut observer le Luang Prabang authentique, celui de ses habitants et de leurs habitudes.
Au centre de Luang Prabang, on visite le Palais Royal et on gravit les 300 marches pour accéder au sommet du Mont Phousi, colline sacrée qui culmine à 150 mètres de hauteur. Un petit temple bouddhiste et un stupa (sorte de clocher) d’or ont été construits au sommet. A l’arrivée, les efforts sont récompensés par une vue imprenable sur un paysage à 360 degrés d’eau et de montagnes verdoyantes. D’un côté, le Mékong, de l’autre, la rivière Nam Khan.
On décide d’ailleurs de traverser la rivière Nam Khan via le pont de Bambou qui se reconstruit chaque année à la saison sèche pour admirer le coucher du soleil de l'autre rive, loin de la foule ! Magnifique, tout simplement... .

On y retourne quelques jours plus tard en prenant le ferry. Là, on se promène dans les villages situés sur l’autre rive et on retrouve le Laos authentique, les habitations plus rudimentaires avec les animaux qui se promènent en plein milieu de la route, les enfants qui courent ou jouent dans la rue, les femmes qui allument le feu pour préparer le repas du soir… . On continue la balade au-delà du village et on monte jusqu’à un temple qui semble abandonné et entouré d’une végétation qui reprend petit à petit ses droits. Un moine y habite pourtant toujours. Le calme et la sérénité qui règnent en ce lieu en font un endroit parfait pour admirer une fois de plus un splendide coucher de soleil ! Pour retourner sur l’autre rive, on accoste un jeune pêcheur pour qu’il nous emmène avec sa barque en échange de quelques kips laotiens.
Un autre jour, assise à l’étage d’un café pendant que mes aînés révisent, curieuse et attirée par les cris d’enfants, je finis par pousser les portes de l’Ecole Primaire de Luang Prabang, située en face, en plein centre historique. C’est la récré et comme partout dans le monde, les enfants jouent, courent et rient. Ils sont tous en uniformes bien entendu, comme souvent en Asie du Sud-Est. Je suis surprise lorsqu’un petit groupe de filles m’interpellent en français... . Il est clair que, malgré leur timidité, elles ont envie de partager leur savoir et de discuter un peu. Elles ont 10 ans et suivent une formation bilingue (Français - Laotien). On m’explique que tous les lundis matins, les enfants se rassemblent dans la cour pour chanter différents hymnes pendant qu’un élève a l’honneur d’effectuer le lever du drapeau. A la fin de la semaine, le même rituel a lieu pour baisser le drapeau et annoncer ainsi le début du weekend… . On discute ainsi un petit moment ensemble et j’en profite pour tirer leur portrait ce qui les amuse énormément. Soudain, un élève tire sur la cloche pour annoncer la reprise des cours et en quelques minutes, la cour de récréation est déserte. Chacun a repris sa place en classe et très vite j’entends les élèves réciter en chœur la leçon du jour. Je reste quelques minutes dans l’embrasure de la porte et observe cette manière d’éduquer d’un autre temps… .
Un autre incontournable est le Wat Xieng Thong, le "Temple de la cité d’or". Une véritable oeuvre d’art ! Considéré (à juste titre, il me semble) comme le plus beau temple de Luang Prabang et du Laos, Wat Xieng Thong date du XVIème siècle et se situe au bout de la péninsule. Il s’agit en réalité d’un petit ensemble de bâtiments religieux, comprenant notamment un pavillon abritant un char funéraire royal, haut de 12 mètres qui, lui aussi, est de toute beauté. Le temple principal est orné de mosaïques en verre de différentes couleurs et de sculptures en bois. Sur un des murs extérieurs de ce temple, on découvre une magnifique mosaïque représentant l’arbre de vie. Lorsque l'on pénètre à l'intérieur du temple, on découvre des murs et portes en bois finement sculptés, de rares divinités bouddhistes et des peintures incroyablement bien conservées.
Richement décoré, le Vat Xieng Thong est un des hauts symboles du Bouddhisme au Laos, ce qui lui valut d’être totalement épargné lors du pillage de 1887 perpétré par les pirates Chinois. C’est l’un des monuments les plus photographiés au Laos. On comprend pourquoi ;-). Nous sommes d’autant plus sous le charme que nous effectuons cette visite en fin de journée, lorsque le temple est baigné par une lumière chaude qui fait ressortir encore davantage la couleur or et les nombreuses mosaïques de verre.
Les temples sont entretenus par les moines qui y habitent. Ils sont nombreux ici et on est frappé par le jeune âge de certains. On les regarde effectuer quelques-unes de leurs tâches quotidiennes, à savoir nettoyer les pierres des différents bâtiments et balayer les feuilles qui encombrent le site. On observe ainsi discrètement, de loin, la vie en communauté ainsi que le lien particulier qui unit les aînés aux plus jeunes. Il y a beaucoup de respect évidemment, une transmission de savoir ainsi que des règles à suivre dans l’enceinte du temple mais aussi une certaine décontraction, quelques sourires et des échanges amicaux entre les différentes générations. De plus, à cette heure de la journée, avec leurs robes couleur safran, les moines effectuant ces simples tâches domestiques s’entourent d’un certain aura qui rend les lieux encore plus mystiques.
On s’évade aussi quelques heures de la ville pour aller admirer les chutes de Kuang Si, qui alimentent des bassins naturels aux eaux turquoises, dans une nature luxuriante. Les cascades de Kuang Si se situent à 30 kilomètres au sud ouest de Luang Prabang. Il faut compter près d’une heure de tuk tuk pour s’y rendre et le trajet n’est pas particulièrement confortable… . On a l’habitude et les enfants chantent à tue-tête plusieurs airs de leur répertoire préféré pour passer le temps !
Une fois arrivés sur place, l’heure matinale et l’eau encore un peu fraîche ainsi que les touristes déjà fort occupés à faire d’innombrables selfies nous découragent. On ne se baignera donc pas dans ces piscines naturelles à l’eau cristalline, mais on admire le beauté de la nature. C’est la saison sèche, l’eau qui s’écoule depuis la montagne en de multiples cascades est moins dense mais les bassins de couleur bleu turquoise sont tout simplement magnifiques.

Avant d’arriver aux chutes proprement dites, on passe devant le Bear Rescue Centre, un sanctuaire qui vise à protéger les ours noirs d’Asie. Les ours qui résident dans ce lieu ont souvent été maltraités et sous-alimentés, ce qui explique l’état à la limite du tolérable dans lequel ils arrivent au centre. Ils ont physiquement souffert et ces années de maltraitance ont fait des dégâts irrécupérables. Les enfants sont ravis évidemment d’observer ces « Moon Bears » faire la sieste, se promener ou jouer entre eux. On peut voir quelques ours d’assez près et c’est assez impressionnant !
Pendant notre long séjour, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer ;-).
Entre l’atelier de tissage de bambou, un « Discovery Center » hyper ludique et intéressant où l'on parle même de recyclage et l'on essaie d'inculquer quelques gestes simples pour préserver la nature ;-), le Centre des Arts Traditionnels et de l’Ethnologie où les enfants ont pu, de manière ludique, sous forme de jeu de piste, en apprendre davantage sur les différentes minorités peuplant cette région du Laos et leurs coutumes, l’inoubliable journée à la ferme biologique de Om (cfr post de Fred), les crêpes au Nutella du 'Night Market', la traversée d’un pont de bambou pour dîner, allongé sur des coussins, en admirant la rivière qui serpente en contrebas, la découverte des nombreux temples et les bâtiments coloniaux, il est bon de se perdre dans la sublime Luang Prabang… . Et puis, il ne faut pas se mentir, les cafés ou petits restaurants à la déco branchée et aux menus un peu plus occidentaux nous ont fait énormément de bien.
Notre chambre ne se prête pas vraiment à l’étude. On change donc régulièrement de « salle de cours » en s’installant à l’un des nombreux cafés dont regorge la ville. Petit coup de coeur d’ailleurs pour l’English Bookshop, tenu par une Canadienne, où l’on se réfugiera plusieurs fois en sirotant un petit jus frais maison !
A Luang Prabang, on re-croisera encore Virginie et Jean-Luc (de l’île d’Oléron) qui nous emmèneront au bord de l’eau déguster un Hot Pot parmi les locaux ! La spécialité du lieu : le barbecue en kit, avec mini-plancha, eau bouillante, viandes, poissons et légumes présentés sur un buffet installé pour l’occasion sur le trottoir. Un moment ludique et délicieux. Une magnifique découverte et surtout une très belle soirée passée en merveilleuse compagnie. Outre les paysages et la découverte d’autres cultures, ce sont les gens que l’on rencontre qui enrichissent un voyage ! Ces moments de partage sont d’une grande intensité et laissent indiscutablement une empreinte en nous… . Ils nous amènent à réfléchir sur l’essentiel, à voir la vie, nos choix et nos différentes préoccupations sous un autre angle.
Pour finir, Luang Prabang, fait incontestablement partie de mes (nos) coups de cœur du Laos. Dans la rue, des touristes, mais finalement pas trop, une authenticité encore bien présente, une ambiance reposante avec une architecture coloniale et des vestiges d'une époque révolue… . Entre les marchés, les temples, les ruelles typiques d’Asie du sud est et les rives du Mékong ou de la rivière Nam Khan, il règne à Luang Prabang un « je ne sais quoi » qui rend le lieu tout simplement unique et hors du temps !
Même impression sur cette ville que nous avons découverte sur les conseils d'une pro. Superbe, apaisante et touchante.
c'est trop chouette de lire vos aventures. Ça fait chaud au cœur de lire tous les beaux moments que vous vivez. Continuez à écrire comme vous le faites, quelles belles plumes, que de belles photos, que de beaux souvenirs. Gros, gros bisous à vous 5